Lundi 14 Septembre
2009
Après une bonne nuit de sommeil, notre réveil sonne à 7h45.
Nous prenons notre petite déjeuner assis par terre, sur le tapis de bambou tressé, les pieds sous une jolie table basse en
laque.
Notre petit déjeuner se compose de pseudo viennoiseries (sortes de pain au lait tressé couvert de sucre glacé) et d'ice tea pêche
achetés la veille à la superette.
Périple de la journée : visiter Nikko.

Une fois prêts, nous partons pour la station de métro de Ueno et prenons la ligne Eidan Ginza jusqu'à la station
Asakusa.
Là, nous allons vers un guichet pour acheter un World Heritage Pass, pour aller à Nikko. Il comprend les titres de transport (train et
bus) et les entrées des temples sur place.
Le guichetier parle bien mal l'anglais et, après nous avoir vendu de mauvais tickets, il nous les rembourse sans problème et nous
indique un second guichet un peu plus loin.
En retard pour attraper le train de 9h10, les demoiselles de la guitoune sont super efficaces : l'une nous édite les tickets pendant
que l'autre nous fait payer, puis nous guide par une petite porte à l'arrière de la boutique vers les couloirs du personnel. C'est à la course derrière elle que nous traversons par les sous-sols
privés la gare et arrivons sur le quai de notre train. Elle nous place dans le bon wagon, nous souhaite bon voyage et hop, le train part sur la Tobuline section rapide jusqu'à
Tobunikko!
Une nouvelle fois, nous venons de tester le sens du service rendu par les agents japonais et de tout évidence, c'était absolument
stupéfiant et parfait!
Nous voici donc partis pour 2h15 de trajet vers Nikko, la ville des temples. Nous en profitons pour lire notre guide du routard et en
apprendre un peu plus sur la ville.
Les premiers temples de Nikko furent édifiés par le prêtre Shodo Shonin (735-817). De hauts dignitaires, seigneurs déodaux, samouraïs et empereurs firent des
dons importants à la ville, lui offrant ainsi une impulsion et un rayonnement qui dura jusqu'en 1590.
Tokugawa leyasu, le premier shogun, fut le fondateur de la dynastie des shoguns Tokugawa qui régnèrent en maîtres sur le japon du XVIeme siècle jusqu'à la restauration impérial en 1868. A
l'écoute des géomanciens qui pensaient que le site de Nikko était idéalement placé avec une ouverture dans la vallée vers la capitale Edo (Tokyo) et la montagne haute et fermée vers le nord, le
shogun Tokugawa leyasu décida d'u faire édifier son mausolée.
En effet, selon la croyance japonaise, les mauvais esprits pourraient surgir du nord de l'archipel : ainsi il pouvait protéger Edo des ennemis invisibles après sa mort.
A la fin de ce long trajet, après 1h45 passées à traverser la grande mégalopole de Tokyo qui
s'étend dans la plaine de Kanto, et seulement une demi-heure à traverser quelques rizières puis à s'enfoncer dans la forêt et la montage, nous arrivons à la petite gare de Nikko, à 700 mètres
d'altitude.
Nous achetons dans le hall de la gare notre repas du midi, un bento (oui il faut penser à manger tout de même...)
Puis nous sortons de la gare et devant nous, sur la place principale de la ville, trouvons tout de suite notre arrêt de bus pour
monter vers les points de visite.

Après quelques courtes minutes d'attente, le bus arrive et nous pouvons admirer durant le trajet un magnifique paysage de montagne,
avec notamment une rivière qui traverse la ville.
Nous descendons à l'arrêt le plus proche du temple Rinno-ji.
La religion des sanctuaires et des temples marie sans dissocier les croyances du shinto et la doctrine bouddhiste. L'animisme et le panthéisme du shinto
n'excluent pas les principes moraux du Bouddha. Ce mélange a donné naissance à un style architectural particulier à Nikko : la décoration extérieure et intérieure des pavillons sont exhubérantes
dans les formes, riches en couleurs et dorures, ce qui est contraire à ce que l'on retrouve habituellement dans le style japonais classique, fait de sobriété et de dépouillement
zen.
Nous montons vers celui-ci et nous arrêtons sur son parvis, devant les marches qui y montent.
Là, une énorme "marmite" abrite des dizaines d'encens qui brûlent, en offrande aux dieux du temple. Un petit caisson permet de laisser
quelques pièces de monnaie en échange d'un bâton d'encens.
Nous nous installons sur un banc à côté de cette "marmite" et mangeons notre bento.
Il s'agit de triangles et de boules de riz, enveloppées dans des feuilles de bananiers, au coeur desquels se cachent des garnitures de
viandes, poissons ou légumes. Super bon!
Le ventre bien remplis, nous partons à la découverte des temples et sanctuaires de la ville.
Nous nous dirigeons vers la zone nord, au sanctuaire Toshogu.
Le long de la grande allée, des arbres immenses cachent des bâtisses.
En arrivant au sanctuaire, une grande porte torii nous attend. Puis une petite place avec une grande pagode à 5 étages.

Vient ensuite la grande porte, gardée par un agent national.
Découvrez le portrait du gardien ce suivant ce lien... (photo
2)
Cette porte Omoto porte de nombreuses sculptures représentant des chrysanthèmes (fleur vénérée), des
pivoines (fleur de la richesse) et des têtes de lions (symbolisant la force, la puissance).
On trouve également des chimères à tête d'éléphants en guise de
gargouilles.
Une fois la porte franchie, sur son côté intérieur, les lions ont moins de
couleurs...
Derrière la porte, nous découvrons le magnifique site du sanctuaire, formé de plusieurs bâtiments et d'innombrables lanternes de
pierre. Tout est restauré et brille de mille feux. La végétation est luxuriante, c'est un régal pour les yeux.
Le sanctuaire Toshogu est le plus célèbre de Nikko, dédié au shogun Tokugawa leyasu. Pour édifier ce sanctuaire, le budget de l'état fut illimité, ou presque.
Des milliers d'artisans et d'ouvriers y travaillèrent durant des décénies. L'influence chinoise de la dynastie de Ming y est évidente (présence du lion aux portes
d'entrées).
Nous admirons les différents pavillons, honorant des dieux différents.
Puis nous somme attirés par bien des gens devant un pavillon tout en bois.

Nous découvrons alors le symbole de la ville de Nikko : les trois petits singes de la sagesse. Leur devise est : "je ne dis pas de vilaines choses, je n'écoute pas les vilaines choses, je
ne vois pas la laideur".
Nous nous dirigeons maintenant vers la sortie de cette partie de la ville et découvrons les arrières des bâtiments, tout décorés
également, de la dentelle de pierre et de bois...

En quittant la zone, les gardiens du temple nous saluent.
Nous poursuivons notre route vers l'ouest, et arrivons vers un second site, que nous ne parvenons pas à localiser sur notre carte. Une
première porte en cache une seconde, entourée de lanternes, et derrière, une très grande place avec de nouveaux bâtiments, et des fidèles.
Nous remarquons un énorme tronc d'arbre, dont des cordes font le tour. Nouées à celle-ci, des voeux, comme hier. C'est très
joli.
A partir d'ici, nous pensions retourner vers le temple Rinno-ji puis terminer par le pont sacré, mais nous avons encore beaucoup de
temps et poursuivons donc notre visite de la zone sacrée : tout ce que nous allons voir maintenant est un bonus par rapport à notre programme! Nous descendons donc plus au sud et nous dirigeons
vers le sanctuaire Futurasan.
Une grande porte marque l'entrée du site.
De nouveau, il faut franchir une porte en bois, gardée par de très beaux gardiens du sanctuaire. Ne sont-ils pas
impressionnants?
Une fois passée cette épreuve (facile), nous découvrons un site magnifique et très grand, avec encore une grande porte, aux couleurs
du sanctuaire, et derrière, le fameux sanctuaire.
Dans la cour, de nombreuses lanternes de cuivre.
Le sanctuaire Futurasan fut fondé en l'honneur d'Okuninushi no Mikoto et reconstruit en
1610.
Nous nous dirigeons ensuite vers notre dernier point de visite, toujours plus au sud ouest : le mausolée Taiyuin.
Nous allons plus avant dans la forêt pour découvrir ce dernier point.
Sur le chemin, une fontaine couverte vraiment splendide et très colorée attend les visiteurs afin qu'ils puissent se purifier en se
lavant les mains et en buvant l'eau.


Puis, de grands escaliers nous conduisent vers une succession de grandes portes aux innombrables gardiens : ils sont tous différents et colorés.









De nouveau, nous retrouvons les têtes de lions.

Enfin, la toute dernière grande porte, au fond d'une grande cours, très belle, toujours très dorée.

Des sortes de petites fenêtres courent le long de la façade, toutes bleues, c'est très joli!

Le mausolée Taiyuin, dont le pavillon est décoré d'une manière luxueuse (dorures, sculptures), est entouré d'une grosse muraille de pierre bordée de douves. Le
tombeau de Tokugawa lemitsu se trouve au-dessus du temple, sur la colline, au milieu des arbres (accès interdit).
Derrière la grande porte de façade se cache le mausolée que nous ne pouvons pas prendre en photo : en effet, il est entouré d'un mur, et sa hauteur et le manque de recul ne
nous permettent que de l'admirer en levant bien les yeux au ciel.
En repartant, tout de suite derrière le mausolée, un dernier petit autel se tient, juste avant l'immensité de la forêt (serait-ce le tombeau? Nous pensons que non mais...)

Un jeune japonais très aimable nous prend en photo dans la descente vers la fontaine.

Nous repartons maintenant vers notre point de départ pour visiter le temple Rinno-ji, devant lequel nous sommes arrivés.
Les photos dans le temple sont interdites, non pas pour préserver les statues de flash, mais pour préserver le patrimoine culturel... Donc, pas de photos ici, nous sommes respectueux des règles
(si nous avions été en France, évidemment, nous n'aurions pas eu tant de scrupules)!
Le temple Rinno-ji était tenu autrefois par des abbés de souche impériale, mais est aujourd'hui devenu secondaire.
Le Sambutsu-do (1648) serait le plus grand édifice de Nikko, abritant trois énormes statues. Elles représentent à droite Kannon (déesse de la miséricorde) aux 1000 bras, Amida au milieu, et Bat
kannon à gauche, portant une tête de cheval.
Notre découverte de toute la zone des temples étant terminée, nous décidons maintenant de passer un peu de temps à nous promener avant le tomber du jour dans le parc naturel de Nikko.

Nous marchons tout d'abord jusqu'au pont sacré.
Construit en 1636, ce pont sacré fait de 28 mètres de long. Une légende raconte que le prêtre Shodo parvint à traverser la rivière sur le dos de deux serpents qui lui servirent de
passerelle.

Puis nous nous promenons au milieu de la forêt, croisons un lac à l'eau translucide et aux poissons rouges géants, un petit pont en bois, des lanternes, un parc très zen.





Photo d'une petite fleur en cliquant ici (photo 5).
Dans ce vagabondage, nous trouvons une porte rouge. Signalant habituellement l'entrée d'en temple, nous passons dessous, et trouvons une seconde, puis une troisième porte. Nikko nous réservait
une dernière surprise : une ancienne zone sacrée, laissé à l'abandon, composée d'une grande pagode, d'un temple rouge et d'un sanctuaire tout en bois. Au milieu de tout ça : une école!



Le jour descendant, nous décidons de retourner vers la gare. Nous nous arrêtons dans quelques boutiques de souvenirs et croisons les bus de ville, très nombreux ici.

Sur la route, nous cherchons vainement un resto indiqué par le routard. Nous atterissons donc, vers 17h15, dans un bar tenu par des indiens, et commandons pour hors-d'oeuvre des yakitoris
(brochettes de viandes marinées). Le serveur nous présente alors une note salée pour juste 5 mini brochettes : nous ferons notre repas plus tard! Nous payons et partons pour reprendre le train
de 18h08, à la station Tobunikko, ligne Tobuline jusqu'à Asakusa.
Nous avons bien faim : nous avons marché un bon paquet de kilomètre dans notre journée (allez, à la louche, une bonne dizaine)!
Après plus de 2h30 de voyage, nous arrivons à Asakusa.
Là, nous décidons de sortir de la gare et entrons dans le premier petit resto de rue que nous trouvons.
Nous ne comprenons pas tout de suite le système : dans la vitrine du resto, tous les plats sont présentés en plastique avec chacun un numéro. Il faut choisir son plat. Puis une sorte de
distributeur permet de mettre un billet, d'appuyer sur le numéro du plat choisi, et donne en échange la monnaie et un ticket. Enfin, on peut entrer dans le resto, donner son ticket, et le chef
cuisine devant nous le plat demandé : plutôt étrange mais bien sympa!

Voici donc le distributeur de tickets...

Le repas de Guillaume (nouilles dans un bouillon de poisson, en vert des algues, en blanc des petits oignons frais, en blanc et rose une sorte de surimi, et dans le bol bleu des crevettes
pannées).

Mon repas (des nouilles dans un bouillon de poisson, également des algues, des oigonon, une tranche de surimi et une croquette pannée de poisson).
C'était super bon!
Le ventre bien plein, nous reprenons le métro, ligne Eidan Ginza, jusqu'à la station de Ueno.
Nous allons alors vers la boutique vendant les billets de train à l'office du tourisme, (qui était justement en train de fermer!), nous nous glissons sous le volet roulant et achetons à la
dernière seconde nos titres de transport pour le lendemain : un pass Kamakura Enoshima Free kippu.
Enfin, nous regagnons à pieds notre ryokan Katsutaro où, après une bonne douche, nous passons une bonne nuit!
(On ne devrait pas le dire mais cette journée restera la préférée de Guillaume au Japon).
Samedi 3 octobre 2009
6
03
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16:45
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Par bulbette
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